Être une femme ? Réflexions…

être une femme

C’est quoi être une femme ? Une bien une grande question s’ouvre à nous. “On ne nait pas femme, on le devient” , une phrase de Simone de Beauvoir qui donne une piste dans la réflexion que je souhaite vous partager.

Définition de “femme”

La femme est définie dans la langue française comme un “être humain de sexe féminin”. Le féminin, quant à lui, nous dit “qui appartient au sexe apte à produire des ovules” et “qui appartient en propre à la femme, qui est considéré comme spécifique de la femme, que l’on rencontre habituellement chez la femme.” Quant à la définition “être féminine” correspond “à l’image physique, sexuelle, psychologique…que l’homme ou la société se fait de la femme et de la féminité.”

Globalement, la langue française nous dit que c’est une histoire de différence des sexes et d’attributs tant physiques, affectifs ou comportementaux attribués aux femmes. Mais qui fait cette attribution entre ce qui est femme  et ce qui n’est pas femme ?

Être une femme (en devenir) suppose de posséder deux chromosomes X. L’histoire d’un minuscule chromosome qui va faire la différence. Une différence dans le sexe, le genre, l’identité et dans le chemin qui s’étendra face aux bébés filles dès leur naissance.

Depuis très longtemps, le sexe féminin effraye et continue d’effrayer tout autant qu’il fascine. En psychanalyse, on entend même parler de continent noir. A croire que ne faudrait surtout pas s’y aventurer de peur de ne pas en revenir…D’ailleurs, il n’y a que pour la femme qu’une expression névrotique, l’hystérie, utilise la racine étymologique pour décrire ce phénomène – “maladie” considérée comme étant typiquement féminine. Hystérie est issu du mot grec ὑστέρα hyster ou hustéra, apparenté au latin hystera, pouvant signifier la matrice, les entrailles ou l’utérus. Aucun trouble psychique n’utilise la racine du mot pénis ou priape pour décrire une maladie mentale “masculine”…Cela n’est pas un hasard ou un accident de langue. Choisir ce mot montre à quel point la femme, son corps, son image, son être est régenté par l’autre sexe : le sexe masculin. Pour moi, nous n’avons pas besoin d’opposer femme et homme – bien que c’est un peu ce qui se fait dans notre société – mais j’en reparlerai à l’occasion du 8 mars !

Aujourd’hui, j’ai envie de partager ma réflexion entre la femme intérieur et la femme extérieur – qui finalement, n’a pas vraiment de lien avec le fait de porter le double XX dans son patrimoine génétique.

Incarner son être

C’est un sujet qui anime nos cœurs, nos âmes et nos générations. Je ne crois pas que nous puissions trouver une réponse satisfaisante et universelle. bien que nos sociétés aient toujours eu leur mot à dire sur comment les femmes devaient se présenter, quels sont les codes de ce monde, et comment “rentrer” dans le club. Sachant qu’à côté du mot femme flotte les mots et concepts de “mère” et de “salope” – que j’aborderai à un autre moment.

La femme extérieure

Les sociétés, les cultures, etc. donnent une image extérieure de ce qu’est une femme : qualités physiques, vestimentaires, attitudes, manières, etc. En fonction de notre subjectivité à chacun(e), nos réponses vont différer et nous n’allons pas utiliser les mêmes codes pour « être ». Tout comme un homme pourrait utiliser ces codes extérieurs, parfois à outrance comme nous pouvons le voir dans la culture queer, et tout ce qui touche à la création d’alter égo.

Chacune d’entre nous faisons avec ce que nous pensons être le mieux pour nous. Cependant, les signes extérieurs de “je suis femme” ne sont pas simples à choisir puisque naître femme implique de grandir avec des injonctions “soit plutôt comme ça” ou “plutôt comme ci”, “regarde ta tenue”, “c’est un style ça?”. Le corps de la femme n’est jamais exempt de commentaires et d’avis. Comment se retrouver dans tout ça ? Pas évidement – la réponse pourrait se trouver à la croisée des chemins entre ce que je pense de cette incarnation de la femme et ce que j’imagine que la société ou l’autre attend d’une femme. Est-ce penser le sujet femme entre ce qui vient exprimer mon être moi féminin et cet être féminin attendu et/ou désiré par la société ? Ou bien choisir qu’un seul de ces deux chemins ?

Je pense que la manière de s’incarner extérieurement diffère également en fonction de comment notre femme intérieure s’incarne.

La femme intérieure

C’est là le grand enjeu…Comment incarner la femme que je suis dans mon cœur, âme, corps ? Cette question m’anime depuis longtemps et ce d’autant plus dans mon métier de psychologue où je travaille essentiellement avec des femmes.

Lorsque nous naissons avec notre genre féminin, nous arrivons avec un bagage. Nous portons toutes une valise transgénérationnelle remplie de ce que nos mères, grand-mères, et toutes les générations de femmes de notre lignée ont vécu, connu et comment elles ont habité ce monde en tant que femme. Ce que je constate, c’est que de plus en plus de femmes s’intéressent à cette question, des articles, livres, podcasts, ateliers, retraites, etc. voient le jour et nourrissent ce désir de se reconnecter à son être, son essentiel. Ne plus répondre à une commande de ce que c’est qu’une femme mais « simplement » d’incarner la femme qui nous fait vibrer en notre sein. J’aborderai cette question dans un autre article que je suis en train de nourrir.

Je partageais sur mon Instagram personnel ce post [Sauvage] où j’écrivais « Apprendre à se dé-conditionner pour se reconnecter à ses origines, racines, cycles, liens invisibles et la nature. Renouer avec son soi sauvage permet d’habiter avec plus de conscience et de vérité son corp, de prendre sa place et d’oser avec liberté et créativité. le travail sur le féminin me parle beaucoup et la photographie en générale et la lingerie – plus récemment, m’ont permis d’appréhender une source intérieure dont j’ignorais la force. »

Pour moi, partager sur ce sujet permet de proposer un miroir aux femmes, un miroir sur lequel se projeter et/ou s’identifier. Montrer une sorte de vérité sur le corps de la femme qui est parfait dans ses imperfections. Pour moi, c’est d’être présente dans mon corps, de l’habiter pleinement et de le dévoiler comme je l’entends. C’est là où se dévoile la beauté de l’être, sans standard ou carcan.

Et vous, comment êtes-vous femme ?

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