Ghosting : comprendre cette communication 2.0

ghosting

Puisque le podcast sur le ghosting vous a bien plu, nous avons eu envie de vous faire un résumé de l’émission, de vous extraire l’essence afin que vous puissiez plus facilement naviguer sur ce sujet…Afin de mieux comprendre et surtout apprendre à face face à cette manière de (non) communiquer.

Qu’est-ce que le ghosting ?

Le mot « ghosting“, est dérivé de l’anglais “ghost”qui signifie fantôme. Dans la rencontre, le ghosting est un acte qui consiste a mettre fin à une relation avec une personne en interrompant toute communication sans avertissement ni explication.  

L’une des images qui représente le mieux le “ghosting” est le manque de réponse aux messages envoyés en ligne, où la double vérification bleue typique qui rend la réception claire, suivie par rien d’autre que le silence: le message est laissé en vu. 

Cela peut arriver tant avant qu’après la rencontre physique. Le ghosting peut se manifester dans différentes situations :

  • après quelques échanges digitalisés, par sms/réseaux sociaux/applications.
  • après un ou plusieurs dates ou après plusieurs mois de relation.
  • Le ghosting peut même se manifester dans les relations amicales.

La qualité de la relation – même par écrit, n’empêche pas le ghosting. Vous pouvez être ghosté(e) malgré des échanges intéressants voire enflammées (comme des sextos).

Comment s’explique le ghosting ?

Le ghosting est inhérent au coté consommation des applications de rencontre. Il est facile de zapper, swiper quelqu’un pour tout un tas de raisons.

Je pense qu’on peut les regrouper en cinq grandes catégories :

  1. la fuite/la lâcheté / la peur de la confrontation.
  2. une estime de soi fragile avec la peur du rejet et du jugement : Par exemple : pour certaine personne c’est abandonner avant d’être abandonnée, la peur que l’autre me fasse mal, que l’autre ne veuille plus de moi, de ne pas être a la hauteur.
  3. une protection : face à une personne trop intrusive ou qui ne comprend pas le non ou bien dans le cas d’une relation toxique.
  4. la peur de blesser l’autre : ne pas savoir expliquer, dire les choses sans blesser. Finalement, c’est de ne pas vouloir se confronter à l’impact que cela peut produire.
  5. le besoin d’être le centre de l’attention de quelqu’un : et une fois obtenue, un désintéressement total s’installe.

Pourquoi cela fait mal ?

Une des raisons est l’absence de coût social. En effet, avec le digital, le ghosting est un comportement qui a pas une conséquence sociale aussi importante que le ressenti que va avoir la personne d être totalement ignorée. Avant la technologie, si nous disions que nous rencontrions quelqu’un à 16h, et que nous ne venions pas…Il y auvait un coût social. Parce que c’était souvent une personne rencontrée dans un contexte social, professionnel, mondain etc. Un entourage plus ou moins proche était au courant. Aujourd’hui, le coût social est nul. Et ce parce que nous rentrons en contact avec des inconnus, via nos écrans.

C’est pour cela qu il est préférable de rencontrer quelqu’un rapidement. Ca n’a pas forcément beaucoup de sens de  rentrer dans des conversations hyper profondes émotionnellement car nous utilisons la technologie comme bouclier pour éviter souffrance. 

Pourquoi cette pratique, relativement courante, fait toujours mal ? Pourquoi n’est-il pas possible de s’y habituer ? 

Le ghosting agit comme un déclencheur puissant sur l’état émotionnel des personnes. Les ressentis qui découlent d’un ghosting peuvent être de l’ordre : de la douleur, de la colère, du ressentiment et de la tristesse. 

Le besoin de comprendre, d’avoir une raison, est naturel et lorsqu’une explication est refusée, il n’est pas rare d’être aspiré dans une spirale de douleur, ce qui ralentit le processus de deuil, puisque oui, même une relation si éphémère soit elle – nécessite un travail de deuil, de digestion, de lâcher prise.

Voici quelques raisons qui expliquent pourquoi le ghosting fait mal :

  • Nous avons le sentiment qu’on ne nous laisse pas le choix. Notre droit de parole est complètement ignoré, dénigré.
  • Il n’y a pas de fermeture. Certains disent « pas de réponse est une réponse » mais aux vues de notre nature, l’être humain est un être de langage, pourquoi est ce si difficile de dire “je ne souhaite pas continuer”. Jean-Paul Sartre disait “Chaque parole a une conséquence. Chaque silence aussi.”
  • C’est un micro-rejet qui peut réactiver un rejet parfois plus profond, lié à une expérience antérieure.
  • Considérer la personne qui vous ghoste comme étant “the one”, d’avoir projeter beaucoup d’attentes sur cette personne.
  • Sans explication, notre premier reflexe est souvent de nous remettre en question. Et c’est cette remise en question qui peut s’avérer douloureuse.

Alors si vous avez tendance à ghoster pour x ou y raison, peut-être que vous pouvez réfléchir à la manière dont vous aimeriez être considéré(e) si la situation était inversée. Il est même possible d’avoir un message tout prêt dans ses notes pour gérer ce type de situation :

” Hello, je te remercie pour : nos échanges, cette soirée, ce verre etc. tu es une personne top. De mon côté, je n’ai pas le feeling que j’espérais. Je te souhaite une bonne continuation et de belles rencontres.”

Comment mieux vivre le ghosting ?

1. Ne pas rentrer dans un cercle vicieux

Contenir ce cercle vicieux de pensées obsessionnelles telles que “Qu’est-il arrivé”, “Pourquoi est-ce arrivé ?” est la première étape. Ce sont des questions humaines, légitimes, qui risquent cependant de se transformer en une pensée intrusive récurrente, en une douloureuse expérience. Si quelqu’un s’éloigne pour des raisons diverses, nous devons entrer dans une dynamique d’acceptation (qui est une étape du processus de deuil), en réalisant que, pour l’instant, ou pour toujours, cette personne ne souhaite plus être en relation avec nous.

En parallèle, si vous éprouvez un sentiment de colère, de revendication, essayez de trouver une distraction, une activité pour défouler cette énergie. Afficher cet autre, la harceler de pourquoi ne sera pas bénéfique – tant pour vous que l’autre

2. S’interroger sur la qualité de la relation établie

Où se situe l’authenticité, la réalité ? Êtes-vous sûr que c’était une relation d’amitié ou de couple ? Ce sont les questions à se poser. Surtout en ligne, les liens se nouent soudainement et semblent parfois atteindre une intimité apparente en très peu de temps, car “se dire”, se raconter crée la proximité. Cependant, il manque une base solide et ces relations en ligne sont trop souvent confondues avec une relation plus profonde qu’elle ne l’est. Cela ne justifie pas en soi l’action de disparaître, mais cela peut aider à regarder la situation d’un autre point de vue.

3. Ce n’est pas de votre faute

Cela doit être clair pour vous. Ne pas obtenir d’explications conduit souvent à se sentir coupable, et en des remises en question à ne plus finir…résultant souvent en “j’ai fait quelque chose de mal.” Il est conseillé de se donner un peu de temps pour mieux analyser la situation : avez-vous fait ou dit quelque chose qui aurait pu blesser l’autre personne ? Si ce n’est pas le cas, supprimez le sentiment de culpabilité improductif ! N’oubliez pas que vous restez la personne la plus importante de votre vie ! Et ensuite dédiez-vous à ceux qui vous aiment depuis longtemps, en prenant soin des relations avec la famille et les amis. Réactivez les anciennes passions, faites du sport, restaurez d’anciens passe-temps. cela alimentera votre sentiment d’auto-efficacité et de respect de vous-même.

4 . La compassion reste le maître mot 

Pardonner un geste offensant permet de le laisser de côté et d’aller plus loin. Cela ne signifie pas nécessairement le rétablissement de relations. Le pardon est et demeure un acte qui sert avant tout à ceux qui le mettent en pratique.

Finalement, ce n’est pas parce que quelqu’un ne me choisit pas que je ne suis pas digne d’être choisi(e). L’histoire que nous nous racontons sur pourquoi nous nous faisons ghoster est extrêmement importante. Nous sommes “en charge” de l’histoire que nous nous racontons. Nous avons tendance à choisir des histoires qui nous font mal plutôt que celles qui nous font du bien.

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